Le Potager des Castors

 

En bordure de Doussard, la zone d’activité des Vernays accueille une ferme
maraîchère très particulière. Depuis 2016, le Potager des Castors s’attache à développer une
exploitation en permaculture, s’inspirant du fonctionnement écologique naturel. La
permaculture se propose de prendre en considération la biodiversité spécifique d’un
écosystème et de s’y adapter pour permettre une production agricole durable, très économe
en énergie et en travail. L’idée est à la fois de minimiser l’atteinte à l’environnement, l’effort
demandé aux sols et le travail manuel et mécanique sur l’exploitation.
Réceptive au projet, la mairie de Doussard a confié à l’association « Le Potager des
Castors » un peu plus de deux hectares de terre en bordure de la zone artisanale des Vernays.
Le don de 5000 euros effectué en 2016 par la fondation Alpes Contrôles a permis ensuite
l’achat de deux serres et du matériel nécessaire à l’arrosage. Grâce à ce financement,
l’objectif de l’association « Le potager des Castors », qui était d’implanter une micro-ferme
de maraîchage bio sur les principes de la permaculture, est rempli. En revanche, deux des
trois porteurs du projet se sont retirés l’été dernier et Laurent Thierry, le président de
l’association est désormais seul à gérer à plein temps l’exploitation, même s’il reçoit l’aide
d’autres membres de l’association.
La production de la ferme est vendue en partie aux magasins du réseau Biocoop et
pour le reste sous forme de paniers aux particuliers. Le potager remplit aussi une mission
pédagogique. En lien notamment avec la médiathèque de Faverges, Laurent Thierry
accueille toutes les personnes qui souhaitent visiter son exploitation et se former à la
permaculture. Le potager devient ainsi un lieu d’échange et de partage d’une vision
différente de ce que peut être l’agriculture.
Malgré la taille réduite de l’exploitation, Laurent cultive de nombreuses variétés
différentes et multiplie les expérimentations, ou les retours à des traditions ancestrales :
« Cet été, j’ai essayé de mettre en place sur une partie de la ferme la technique de culture des
trois soeurs qui était utilisée par les amérindiens, explique-t-il. Il s’agit d’associer sur un
même espace des plants de courges et de maïs qui eux-mêmes servent de tuteurs à des
haricots grimpants ». Chacune des trois plantes est profitable aux autres : le maïs sert de
tuteur aux haricots, les haricots enrichissent le sol en azote et les courges étalent leurs larges
feuilles au sol ce qui permet de repousser les mauvaises herbes.
« Le Potager des Castors » tente donc d’incarner une alternative citoyenne à
l’agriculture productiviste. Laurent Thierry présente d’ailleurs son initiative comme le
résultat d’une prise de conscience : « A l’origine je voulais savoir d’où venait ce que je
mangeais. Puis le fait de devenir père a poussé à l’extrême ma résolution de changer de
mode de vie. Aujourd’hui, je suis un peu un hippie, j’utilise beaucoup moins ma poubelle
que mon compost ».