Rencontre avec l’association États Sauvages

Publié le 1 juin 2026

Objet des financements : Le projet « Forêt Sauvage » consiste à tisser un maillage d’îlots de sénescence sur l’ensemble du territoire métropolitain, et de renforcer ainsi les corridors écologiques vitaux pour de nombreuses espèces.

Montant du financement initial : 10 000 €

Montant de la dotation « coup de cœur » : 2 000 €

 

Pouvez-vous nous présenter l’association ÉTATS SAUVAGES ?

Créée en 2019 et reconnue d’intérêt général, ÉTATS SAUVAGES œuvre pour la préservation de la biodiversité en France métropolitaine.

Notre mission repose sur deux piliers complémentaires et indissociables :

  • Préserver le vivant – Pour ce faire nous acquérons des parcelles forestières en pleine propriété et faisons le choix de les mettre en libre évolution (réensauvagement passif), créant ainsi un réseau d’îlots de sénescence et de corridors écologiques.
  • Sensibiliser le public – Nous transformons l’expertise scientifique en culture commune via des outils de vulgarisation digitaux (articles thématiques, webinaires, posts spécifiques) et des ateliers immersifs, comme le programme « Ma Forêt est Vivante ! ».

Notre vision est de retisser un lien harmonieux entre l’Humanité et la Nature qui s’appuie sur une conscience de notre interdépendance.

 

Pouvez-vous nous parler du projet soutenu par la Fondation Alpes Contrôles ?

La Fondation Alpes Contrôles soutient notre projet emblématique « Forêt Sauvage« . Ce programme vise à sécuriser de petits réservoirs de biodiversité sur tout le territoire national pour renforcer la trame verte et bleue et la connectivité avec de plus grands massifs.

Le projet Forêt Sauvage est une initiative de protection forte qui vise à créer un réseau national d’îlots de sénescence en faisant l’acquisition de parcelles forestières privées. Contrairement aux approches de plantation, ce projet s’appuie sur des écosystèmes complexes déjà fonctionnels. Via la libre évolution, véritable choix de gestion, ÉTATS SAUVAGES contribue activement à restaurer, sans intervention humaine une biodiversité dépendante des stades matures des forêts, particulièrement en danger.

Fin 2025, le réseau comptait 7 forêts totalisant 45 hectares de zones sanctuarisées à travers la France métropolitaine, financées par une mobilisation mixte de dons citoyens et de mécénat.

Très concrètement, la dotation va contribuer à notre prochaine acquisition foncière, garantissant la préservation et la pérennité de milieux forestiers vulnérables. Ce soutien est en parfaite synergie avec l’axe « Préserver l’environnement » de la Fondation Alpes Contrôles.

 

Quelles difficultés avez-vous rencontrées ? Comment les avez-vous surmontées ?

Notre jeune association fait face à plusieurs défis majeurs pour mener à bien ce projet :

  • Pression et volatilité du marché foncier : l’association doit composer avec un marché du foncier forestier privé très concurrentiel, où les opportunités d’achat nécessitent une réactivité extrême face aux pressions anthropiques et économiques.
  • Besoin de réactivité financière : la sécurisation des parcelles lors de leur mise en vente est indissociable d’une avance de trésorerie importante. Cette dernière permet à ÉTATS SAUVAGES de se positionner rapidement et construire ensuite le financement de la forêt avec des partenaires et citoyens engagés.
  • Morcellement de la propriété forestière privée : en France, 75 % des forêts appartiennent à plus de 3,3 millions de propriétaires privés, ce qui complique la préservation d’écosystèmes d’un seul tenant et la lutte contre la fragmentation des massifs. C’est aussi un véritable risque : certains acteurs s’appuyant sur cet argument et la méconnaissance des propriétaires pour déployer des pratiques destructrices pour le vivant (coupes rases ou monoculture par exemple).
  • Vigilance face au « techno-solutionnisme » : un de nos plus grands défis est d’expliquer que la préservation de l’existant, comme le maintien des services écosystémiques, est plus efficace pour le stockage du carbone que les politiques de plantation massive. Les bénéfices écologiques de ces plantations d’arbres étant nettement plus incertains et lointains. Enfin, ces méthodes sont souvent précédées d’une destruction du milieu naturel et relèvent de plus en plus d’une approche purement économique ou d’actions de greenwashing.
  • Acceptabilité culturelle de la libre évolution : le concept de « non-intervention humaine » bouscule les modèles classiques de gestion forestière productive. Le défi consiste à faire accepter ce « lâcher-prise » comme une stratégie de résilience efficace sur le temps long en capacité de renforcer durablement d’autres approches sylvicoles respectueuses de l’écosystème.

Enfin, sur le plan opérationnel, l’augmentation croissante de nos missions a nécessité d’amorcer une professionnalisation de notre équipe. En 2025, nous avons franchi un cap historique en recrutant nos 2 premières salariées pour soutenir l’élan des 55 bénévoles qui se sont engagés.

 

Quelle a été votre réaction lorsque vous avez appris que les collaborateurs d’Alpes Contrôles avaient élu votre projet en tant que « Coup de cœur » ? A quoi va servir la dotation supplémentaire ?

C’est une immense fierté et une reconnaissance de la pertinence de notre engagement. Ce choix témoigne d’une sensibilité partagée des collaborateurs pour la préservation forte de la biodiversité de nos forêts, un sujet parfois complexe qui demande de l’écoute et de la curiosité.

Cette dotation supplémentaire servira à renforcer notre capacité à acquérir et permettra – très concrètement – de protéger des milliers de mètres carrés supplémentaires.

Un dernier mot pour conclure ?

La libre évolution n’est pas une absence d’action, c’est un choix écologique et sociétal fort qui permet de restaurer un écosystème que l’humain ne peut recréer artificiellement.

Grâce à des partenaires comme la Fondation Alpes Contrôles, nous offrons à la nature l’espace et le temps nécessaires pour se régénérer. Ensemble, nous agissons pour le vivant, pour l’Humain comme les générations futures. Parce que protéger une forêt, c’est avant tout lui donner du temps, nous espérons que ce premier pas à vos côtés n’est que le début d’une aventure commune qui s’enracinera durablement pour les années à venir. Merci pour votre confiance.