
Si le coût des produits certifiées Agriculture Biologique (AB) est pointé du doigt par certains consommateurs, les externalités positives générées par cette agriculture sont généralement omises. En effet, l’environnement, la santé et même l’économie bénéficient des activités de l’agricultures biologiques.
A titre d’exemple, le Haut Conseil pour le Climat (dans son rapport « Relancer l’action climatique face à l’aggravation des impacts et à l’affaiblissement du pilotage ») souligne l’importance de soutenir l’agriculture biologique face aux enjeux environnementaux et sanitaires actuels. Mais de quoi parle-t-on exactement ?
Toujours d’après le rapport du Haut Conseil pour le Climat, l’agriculture est le deuxième secteur national le plus polluant (21% des émissions en 2024) juste après les transports (34%). Ce niveau de pollution est essentiellement dû au méthane et au protoxyde d’azote. Or, l’emploi d’engrais organiques en agriculture biologique et le refus d’utiliser des engrais azotés chimiques de synthèse contribue à diminuer drastiquement le niveau de pollution. Cette pratique agricole vertueuse contribue également à réduire notre dépendance à de grands pays producteurs de ces produits chimiques tel que la Russie et, de fait, diminue le déséquilibre de la balance commerciale française.
D’autres pratiques plus développées dans le secteur AB que le dans le secteur conventionnel sont également bénéfiques pour l’environnement. D’après l’ITAB, en 2020, les exploitations AB en France sont plus nombreuses (53%) que les exploitations conventionnelles (19%) à adopter une commercialisation en circuits courts. Ce comportement vertueux ainsi que plusieurs autres (la réduction des emballages, la réduction des étapes de conservation…) contribuent à limiter les émissions de gaz à effet de serre.
En plus de participer à la réduction d’émission de CO2, la séquestration de carbone est favorisée par des pratiques AB tels que les rotations de cultures longues, la limitation du nombre de labours, l’élevage en plein air sur des prairies permanentes ou encore la protection des haies et des arbres.
Par conséquent, atteindre la neutralité carbone en 2050 comme le prévoit le Projet de Stratégie nationale bas-carbone 3 exige un effort particulier du secteur agricole et, de fait, de soutenir la transition vers l’agriculture biologique.
La qualité de l’eau est essentielle à la santé des êtres humains, des animaux, ainsi qu’au développement des cultures. C’est donc la pérennité même du secteur agricole qui dépend d’une eau non polluée. Or, l’absence d’utilisation de pesticide et d’intrant chimique en agriculture biologique est un facteur notable dans la préservation de la qualité de l’eau.
Selon le rapport « Quantifier et chiffrer économiquement les externalités de l’agriculture biologique ? » de l’Itab, une réduction à la source des pollutions agricoles est bien moins onéreuse qu’un traitement des eaux avant distribution. Les parcelles en agriculture biologique dans les zones de captage d’eau constituent donc un levier particulièrement efficace et génère des économies pour la société.
L’impact de l’agriculture biologique concerne également la résistance des cultures face aux sécheresses grâce à une disponibilité de l’eau pour les plantes améliorée par rapport à l’agriculture conventionnelle (un effet positif de +4 % à +45 % dans 56 % des études, et qui n’est jamais négatif dans les 44 % d’études restantes).
Enfin, d’après le rapport BiodivLabel, une richesse de la biodiversité atteint les 30 % supplémentaires à l’échelle parcellaire en comparaison avec l’agriculture conventionnelle. Or, cette faune et cette flore sont indispensables pour l’intégralité du secteur agricole (les abeilles pollinisent les cultures et les arbres fruitiers, les vers de terre qui fertilisent le sol, etc..). A long terme, l’agriculture biologique améliore la fertilité des sols grâce à l’abondance et à la diversité de organismes vivants. Ainsi les indicateurs de la biologie des sols sont améliorés dans 70 % des cas par rapport à l’agriculture conventionnelle.
Afin de répondre à la demande de 5 directions de l’Etat, l’Inserm a publié une synthèse issue des travaux du groupe d’experts du monde entier sur les effets des pesticides de synthèse sur la santé. Les résultats dévoilés confirment l’importance de s’orienter vers une agriculture biologique puisque les pesticides utilisés dans l’agriculture conventionnelle sont à l’origines de nombreux maux.
L’inserm rapporte des associations positives entre l’exposition professionnelle à des pesticides et certaines pathologies chez l’adulte comme la maladie de Parkinson, le cancer de la prostate et certains cancers hématopoïétiques.
L’environnement direct est également impacté puisque d’après plusieurs études évoquées par l’Inserm, les habitats à proximité de terrains agricoles traités subissent eux aussi une augmentation du risque de maladie de Parkinson.
Les effets délétères affecteraient même les enfants dans le ventre de leur mère et leur développement. Les études épidémiologiques sur les cancers de l’enfant concluent une présomption forte de lien entre l’exposition aux pesticides de la mère pendant la grossesse ou chez l’enfant et le risque de certains cancers, en particulier les leucémies et les tumeurs du système nerveux central.
Les études (pour la majorité asiatique) affirment également une diminution des performances cognitives ainsi qu’une altération du développement des enfants d’âges scolaires.

Copyright Spark-Vie
Concernant les bienfaits de la consommation d’aliments issus de l’agriculture biologique, l’association Spark vie financée en partie par la Fondation Alpes Contrôles, a décelé dans les vins bio la présence d’ADN de levures spécifiques au raisin bio non traité et qui sont bénéfiques pour notre organisme. Aujourd’hui, ces travaux de recherche les conduisent à identifier la présence – ou non- de ces levures sur les fruits et légumes bio.
L’agriculture biologique répond donc favorablement à des enjeux environnementaux, sanitaires, mais également économiques, sans bénéficier de contrepartie pour ces services procurés.
Au regard de ces bénéfices pour l’ensemble de la société, il est dans l’intérêt de l’Etat de prendre en compte ces externalités positives, que ne procurent pas l’agriculture conventionnelle, et, en conséquence, de renforcer les mesures favorables au développement de l’agriculture biologique.
https://agriculture.gouv.fr/sites/default/files/amenites-ab-rapport-nov2016-1.pdf