Le plastique : quelle alternative ?

Publié le 4 juin 2025

Aérospatial, BTP, médical, textile, agriculture, sport… Le plastique est employé dans de très nombreux secteurs d’activités. Son succès est dû à ses caractéristiques mécaniques (sa souplesse, sa résistance, sa légèreté…) particulièrement intéressantes pour différents usages. En conséquence, il est omniprésent dans notre quotidien. Selon l’OCDE, l’humanité produit chaque année, plus de 350 millions de tonnes de déchets plastiques. Or, sa production ainsi que sa présence dans notre environnement, notamment sous forme de micro plastique, génèrent des impacts néfastes pour l’Homme et la nature. Néanmoins, des alternatives existent, avec leurs avantages et leurs inconvénients.

I) Une pollution mondiale aux conséquences délétères

Alors que 5000 milliards de morceaux de plastique flottent déjà dans nos océans, sa production devrait tripler d’ici à 2060 pour dépasser le milliard de tonnes si les pratiques actuelles ne changent pas. Or, la cinquième session de négociations pour approuver un traité international contre la pollution plastique, datant de novembre 2024, n’a pas abouti. Elles devront se poursuivre en 2025.

L’utilisation abusive du plastique conduit à sa dissémination sous forme de déchets sur l’ensemble de la planète, y compris en des lieux insoupçonnés. En effet, des traces de microplastique ont été retrouvées dans des endroits reculés comme en Arctique, dans la fosse des Mariannes ou encore au sommet du mont Everest.
Si l’on zoome sur la France, nous constatons que notre pays compte parmi les plus gros consommateurs de plastique en Europe avec 4,8 millions de tonnes utilisées par an. Cette consommation n’est pas sans conséquence. D’après l’ADEME, sur 33 échantillons, 76 % des sols analysés en France présentent une contamination par microplastiques.

Notre corps n’est pas épargné non plus. D’après une étude réalisée à l’université de Hull, au Royaume-Uni, un très grand nombre de microplastiques de formes et de tailles diverses, se trouvaient profondément enfouis dans le lobe inférieur du poumon de patients opérés. Notre contamination par le plastique est problématique tant sur le plan sanitaire qu’environnemental. En effet, la combustion des plastiques peut libérer des polluants atmosphériques (des dioxines et des furanes) qui peuvent causer des problèmes respiratoires et d’autres maladies. Par ailleurs, certains plastiques contiennent des perturbateurs endocriniens (bisphénol A, phtalates) qui peuvent interférer avec le système hormonal humain. Les animaux ne sont pas en reste puisque près de 700 espèces seraient directement impactées par les déchets plastiques.

 II) Les bioplastiques, une alternative viable ?

Les bioplastiques sont issus de ressources naturelles, renouvelables et principalement agricoles. Plus précisément il s’agit de polymères produits à partir de saccharose, d’amidon (de mais, de pomme de terre…) ou encore d’huiles végétales. Leurs propriétés mécaniques se rapprochent de celles des polymères issus du pétrole et certains peuvent être compostés ou recyclés dans des conditions spécifiques. Aujourd’hui, les bioplastiques ne représentent que 1 % de la masse totale de plastique produite.
Cette alternative a l’avantage de réduire notre dépendance aux ressources fossiles, d’émettre moins de C02 ou encore de ne pas contenir de substances nocives comme le bisphénol A (BPA). Néanmoins, les bioplastiques comportent également des inconvénients : mise en concurrence des terres agricoles avec les produits destinés à l’alimentation, usage de pesticides pour assurer des rendements agricoles suffisant et leur capacité à être biodégradable varie d’un bioplastique à l’autre…

Il existe d’autres bioplastiques qui ne sont pas produits à partir de légumes. A titre d’exemple, il en existe un à base de caséine de lait, 100 % recyclable, biodégradable et hydrosoluble. Cette innovation est notamment utilisée pour les emballages alimentaires ou de produits lessives. Néanmoins il est banni de nombreux secteurs en raison de son aspect hydrosoluble.


Autre innovation : le bioplastique à base d’algues dont les fibres sont mélangées à du plastique recyclé. Leur culture ne nécessite pas l’exploitation de terres agricoles mais son coût reste élevé et certaines de ses propriétés mécaniques (l’imperméabilité et la résistance à la chaleur) ne sont pas encore au niveau du plastique conventionnel.

III) Adapter nos usages et repenser les produits en amont

Les bioplastiques permettent de proposer des alternatives moins polluantes. Néanmoins, leur coût demeure plus élevé et leurs caractéristiques ne sont pas encore au niveau du plastique issu de la pétrochimie.
Au-delà de ces innovations, il existe d’autres moyens à privilégier d’après l’ADEME. Par exemple, les industriels pourraient limiter la production de biens à usage unique ou de courte durée de vie. Il est même envisageable d’agir encore plus en amont, lors de la conception des produits afin de faciliter leur recyclage. Plusieurs matériaux sont des alternatives viables au plastique (carton, bambou, fibre de bois, pulpe de canne à sucre…) dans divers secteurs d’activités.

Les pouvoirs publics pourraient quant à eux inciter à l’emploi d’emballages réutilisables notamment via le principe de la consigne, déjà très répandue dans certains pays comme l’Allemagne. En aval, des investissements en faveur de la filière de recyclage permettrait d’optimiser le réemploi du plastique et de mieux maitriser le traitement des bioplastiques.
Ce type d’action contribuerait à atteindre les objectifs fixés par la France, à savoir diminuer de 20 % les déchets d’emballages à usage unique en plastique d’ici fin 2025 et réduire de 50 % le nombre de bouteilles en plastique mises sur le marché d’ici 2030. Il est également nécessaire d’améliorer nos connaissances sur la présence des microplastiques dans les sols, de mieux identifier leurs impacts et de concevoir des méthodes de traitement.

Enfin, les consommateurs peuvent également privilégier les produits éco-conçus et s’orienter vers la réparation, le réemploi, la location.

A l’échelle mondiale, la production de plastique tend à s’accroitre. Il en découle une hausse de sa présence, notamment sous forme microplastique, à la fois dans la nature et dans le corps humain.
Plusieurs innovations de bioplastiques offrent des alternatives avec des atouts indéniables. Néanmoins, elles comportent également leurs propres limites. En d’autres termes, il n’existe pas d’alternative innovante miraculeuse.
Toutefois, des leviers d’action en amont et en aval de la production et de la consommation de plastique sont actionnables.  La transition écologique devrait essentiellement passer par une réduction de la production de plastique et une optimisation de son recyclage.

 

SOURCES :

https://lemballageecologique.com/wp-content/uploads/2018/11/Les-plastiques-biosourc%C3%A9s.pdf

https://infos.ademe.fr/magazine-juillet-aout-2022/faits-et-chiffres/plastique-peut-on-sen-passer/

https://lemballageecologique.com/wp-content/uploads/2018/11/Les-plastiques-biosourc%C3%A9s.pdf

https://infos.ademe.fr/magazine-septembre-2022/decryptage/la-transition-passera-par-une-reduction-drastique-des-plastiques-et-une-acceleration-de-leur-recyclage/

https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/2023-07-03/huit-chiffres-fous-qui-prouvent-qu-on-n-en-a-toujours-pas-fini-avec-le-fleau-des-sacs-en-plastique-9f40b30d-d1a9-4bb4-a8ea-8ca1e44cb31a
(
https://infos.ademe.fr/economie-circulaire-dechets/2025/microplastiques-une-contamination-potentiellement-importante-des-sols-francais/

https://infos.ademe.fr/economie-circulaire-dechets/2025/microplastiques-une-contamination-potentiellement-importante-des-sols-francais/