

Objet du financement : recherche sur l’effet des levures naturelles des produits bio sur la santé des êtres humains (et de la nature !)
Montant du financement initial : 12 000 €
Montant de la dotation « coup de cœur » : 2 400 €
La Fondation Alpes Contrôles a rencontré le Professeur Gilles Eric Séralini, professeur de biologie moléculaire à l’université de Caen et Jérôme Douzelet, Président de l’association Spark-Vie.
Créée en 2015, notre association a pour objet de développer l’information sur les ressources alimentaires, la cuisine, la qualité de l’environnement, de l’écosystème et de la santé des organismes. Nous avons écrit plusieurs livres traduits dans le monde entier et nous sommes cités quotidiennement pour nos recherches au niveau international.
Nos activités s’étendent à d’autres volets que la recherche pure : nous organisons et participons à des séminaires, des conférences à Barjac (30) (siège de l’association) et à l’étranger.
En premier lieu, nous avons souhaité valoriser et démocratiser la connaissance de nos travaux de recherche, qui étaient orientés sur l’agriculture biologique, la meilleure connaissance de la toxicité des pesticides (particulièrement le Roundup) et leurs effets sur notre santé. D’après nous, il n’y avait pas assez de communication bien informée sur ce sujet. Et c’est d’ailleurs lors d’un séminaire sur les pesticides et OGM que nous avons rencontré Michel Vignoud (Président de la Fondation Alpes Contrôles).
L’objectif était de diffuser plus largement nos études et écrits pour permettre l’éveil de la communauté scientifique mondiale et de toutes les couches de la population. Après des centaines de nos publications et recherche nous avons été sollicités en tant qu’experts lors des procès aux USA contre le Roundup (depuis 2016) ou encore par des associations, des médecins… récemment par des ONG Européennes, et pour la Cour de Justice Européenne… En France comme à l’international des ministères nous consultent également au sujet des OGM afin de mieux identifier les problématiques et les actions à mener, c’est le même sujet, les OGM agricoles étant surtout des plantes à pesticides.
Nous sommes précurseurs dans la recherche sur la toxicité des pesticides et la santé, cela débouche sur l’agriculture biologique. C’est une recherche unique et nouvelle dans le monde.
« Aujourd’hui au lieu de se soigner avec ce que l’on mange, nous nous rendons malade avec notre alimentation. »
Nous nous sommes demandés pourquoi l’agriculture biologique est bénéfique pour la santé. Deux réponses paraissent évidentes : d’abord préserver l’écosystème et la biodiversité, vivre donc dans un environnement naturel plus riche et agréable. Ensuite, cette pratique agricole permet de réduire considérablement les pesticides (nous avons par ailleurs étudié pourquoi et comment ils sont toxiques.)
Il faut savoir que dans le corps humain, tout ce qu’on mange est digéré par des levures et champignons présents dans notre microbiote intestinal, notamment, alors que l’on croyait qu’il y avait surtout des bactéries.
Nous avons donc commencé par étudier le vin qui est l’un des 1ers vecteurs de pesticides à table avec le pain, deux produits très consommés. Lors de cette étude, en partie financée par votre 1er soutien en 2019, nous avons analysé des vins bio et non bio, de la même année de culture, de même cépage et provenant de terrains voisins (cette proximité des territoires d’échantillonnage est très importante pour avoir des résultats fiables et valables).
Cette recherche nous a permis de déceler dans les vins bio la présence d’ADN de levures qui sont spécifiques au raisin bio non traité et bénéfiques pour notre organisme. Dans le même temps, nous avons vérifié que les vins non bio sont des milliers de fois plus contaminés par les pesticides (qui contiennent tous des résidus de pétrole, même si cela n’est pas mentionné sur les étiquettes) et qu’ils empêchent la création de ces levures. Nous avons également détecté et publié un livre sur le goût des pesticides, du soufre et du cuivre qui altèrent le goût des aliments, les rendant plus âpres et asséchant comme le pétrole dont ils proviennent.
Dans notre projet actuel, pour lequel vous nous accordez à nouveau votre confiance et votre soutien, nous souhaitons aller plus loin en vérifiant si ces levures naturelles, bénéfiques pour notre santé, existent aussi sur les fruits et légumes bio.
Nous avons mis au point une technique très fine et détaillée de séquençage de l’ADN par prélèvements grâce à des frottis. Nous avons sélectionné pour l’étude 5 types de fruits et légumes les plus consommés en France et qui se consomment non épluchés. Nous commencerons dès le printemps 2025, une fois que les légumes et fruits seront à maturité, nous allons prélever sur des échantillons bio et non bio toujours voisins pour maximiser les résultats. Ensuite les prélèvements seront analysés et interprétés avec différents laboratoires dans le monde.
Grâce au budget dont nous disposons (c’est pour cela que votre financement est important, il nous permet d’aller dans le bon sens), nous pourrons faire plus d’analyses et ainsi gérer une publication scientifique pour une étude pilote dans des revues scientifiques reconnues.
Ces recherches sont indispensables dans la lutte contre les grandes entreprises de chimie et d’agriculture intensive qui nous empoisonnent.
Notre principale difficulté est de trouver des financements car la recherche nous conduit à nous poser toujours plus de questions et il faut souvent travailler plusieurs années avant d’obtenir des résultats.
Le soutien de votre fondation a été crucial, c’est un petit apport par rapport au financement de la recherche, mais il nous permet de poursuivre nos efforts et de contribuer pertinemment à défendre la cause de l’agriculture bio et plus largement la santé de tous
Quelle a été votre réaction lorsque vous avez appris que les collaborateurs d’Alpes Contrôles avaient élu votre candidature « projet Coup de cœur » ? A quoi va servir la dotation « coup de cœur » ?Merveilleux ! Nous n’étions pas sûrs que notre projet serait retenu par la Fondation Alpes Contrôles puisqu’il s’agissait de travaux de recherche. Cela nous a fait chaud au cœur. Ce soutien est indispensable pour mieux comprendre le bio et favoriser son développement. Ce « coup de cœur » nous permettra de prélever plus d’échantillons, de publier plus largement et d’atteindre une diffusion internationale des résultats.
Comme mentionné précédemment, les aliments issus de l’agriculture biologique sont couverts de levures qui ont des enzymes fabriquant les arômes des fruits et légumes fermentés, dès le départ. Ces mêmes enzymes permettent de détoxifier notre corps des polluants (micro-plastiques et pesticides, dérivés du pétrole, par exemple).
Des recherches issues de la communauté scientifique ont démontré que manger des produits issus de l’agriculture biologique réduit les risques de cancers et de maladies neurodégénératives, entre autre. D’où l’importance des recherches : vérifier les bienfaits de l’agriculture biologique sur notre santé.
Alors oui le bio est plus cher mais il faut se demander pourquoi est-ce plus cher ? Aujourd’hui certains agriculteurs préfèrent utiliser les pesticides car l’agriculture conventionnelle est plus subventionnée et rémunérée que l’agriculture biologique. Or, fournir une alimentation de meilleure qualité permettrait de nous éviter bien des maux.
Plaisirs cuisinés ou poisons cachés : dialogue entre un chef et un scientifique, Actes Sud, 2014
Le Goût des pesticides dans le vin, Actes Sud, 2018,
L’Affaire Roundup à la lumière des Monsanto Papers, Actes Sud, 2020