27 décembre 2018

Pousses d’Avenir fait des réussites

 

Statut: Association Date de création : 2008 – Domaine d’activité : Réinsertion par le maraîchage biologique – Type de projet : Échange, solidarité, Pédagogie – Localisation : Haute-Savoie –

Aide allouée en 2017 : 2 500 € –  Destination : augmentation de 20% de la surface cultivable sous serres

 

« Nous avons l’un des plus beaux jardins de Cocagne de France », s’enorgueillit Sébastien Jouen, directeur de Pousses d’Avenir. Avec sa vue imprenable sur le lac Léman, le site de Publier est en effet exceptionnel.

 

Vous avez dit « Cocagne » ?

 

Comme d’autres établissements associatifs du réseau Cocagne, Pousses d’avenir est une exploitation en maraîchage biologique qui emploie des salariés en réinsertion. L’objectif est de permettre à des personnes en difficultés de reprendre un rythme de travail, se réhabituer à la vie professionnelle et, point essentiel: regagner en estime de soi.

 

Les fruits et légumes produits sont vendus sous forme de paniers aux adhérents de l’association, sur le principe de l’AMAP. Les salariés en réinsertion signent des contrats spécifiques, les CDDI (Contrat à durée déterminée d’insertion), d’une durée moyenne de 6 à 8 mois renouvelables jusqu’à trois fois.

 

Pousses d’Avenir compte six encadrants permanents, parmi lesquels le directeur, Sébastien Jouen. L’association regroupe 230 membres et accompagne 23 salariés en réinsertion pour un total de 16 équivalents temps plein. Ces maraîchers produisent chaque semaine de quoi livrer 200 paniers de légumes bios. Les encadrants s’efforcent de garantir variété, fraîcheur et une recette à chaque livraison.

 

Les surplus sont vendus à des magasins bios ou à des organismes de restauration collective. Mais Pousses d’Avenir étant soumise au régime légal d’Atelier d’Insertion, elle ne doit pas dépasser un seuil de 30% d’auto-financement par la commercialisation de sa production. De fait, la structure est en recherche permanente de dons privés ou de financements auprès des collectivités locales.

 

Pousses d’Avenir au passé

 

A l’origine de l’association Pousses d’Avenir, on trouve l’initiative de salariés des Eaux d’Evian qui voulaient développer une offre locale de maraîchage biologique. S’intéressant à la question, ils nouèrent un partenariat avec le réseau Cocagne et s’installèrent en 2008 sur un terrain prêté par la mairie de Publier. En 2014,

après un parcours dans l’humanitaire, Sébastien Jouen reprenait la direction de la structure.

 

 

 

Aujourd’hui, Pousses d’Avenir travaille sur deux emplacements situés sur la commune de Publier et cultive quatre hectares et demi. Mais la communauté de communes pourrait reprendre deux hectares sur les terres prêtées à l’association dans les années à venir. Cela serait malheureusement un frein au développement de l’association, qui souhaite augmenter le nombre de salariés en réinsertion qu’elle accompagne.

 

Renaitre et rebondir : ce ne sont pas des salades

 

Pousses d’Avenir a su diversifier ses activités : en plus du maraîchage, l’association entretient des vignes en hiver, effectue des travaux de désherbage pour le compte des Eaux d’Evian et d’entretien dans les stations d’épuration. Et la formule fonctionne : « Nous avons un taux de sorties dynamiques qui oscille entre 60 et 80% selon les années, explique Sébastien Jouen. C’est à dire que la majorité des salariés qui nous quittent trouvent un CDI ou un CDD ou alors s’engagent vers une formation diplômante. Les gens qui arrivent chez nous ont souvent une très faible estime d’eux-mêmes, un manque de confiance et nous travaillons là-dessus avec eux. Je me souviens d’une personne arrivée avec de gros problèmes d’alcool, que nous avions dû ramener chez elle plusieurs fois lors de ses premiers jours chez nous. En quelques mois au chantier, elle a suivi

une cure, arrêté l’alcool et aujourd’hui, elle a ouvert son propre jardin maraîcher ».

 

Désormais, de plus en plus de salariés passés par Pousses d’Avenir continuent leur trajectoire dans l’agriculture, ce qui donne tout son sens au nom de l’association.