18 décembre 2018

Les Triandines : cultiver la solidarité par le maraîchage biologique

 

Statut : Association  – Date de création : 2012 – Domaine d’activité : Réinsertion par le maraîchage biologique – Type de projet : Solidarité, Échanges, Pédagogie – Localisation : Savoie – aide allouée en 2017 : 2500 € – Destination : réparation de serres

 

Sur les pentes de Cognin, on apprend à retourner la terre pour mieux retourner à une vie normale au sein de l’association « Triandines », nom qui désigne une fourche à bêcher portant trois dents.

 

Les Triandines sont un Jardin de Cocagne: une exploitation en maraîchage biologique qui emploie des salariés en réinsertion. L’objectif est de permettre à des personnes éloignées de l’emploi, de reprendre un rythme propice au travail, de se réhabituer à une vie professionnelle normale, de reprendre confiance en soi et goût à l’altérité.

 

Les fruits et légumes produits sont vendus sous forme de paniers aux adhérents sur le principe de l’AMAP. Les salariés en réinsertion signent des CDDI (Contrat à durée déterminée d’insertion), d’une durée moyenne de 6 à 8 mois, renouvelables jusqu’à trois fois. Ils travaillent entre 20 et 30 heures par semaine. A l’issue de leur contrat, ils seront mieux armés pour reprendre une place dans la vie active. Voire parfois même, remis, « réparés ».

 

« L’objectif, explique Sébastien Berzegla, directeur des Triandines, est de lutter contre l’exclusion en aidant les gens qui en ont besoin à réacquérir du lien social par l’emploi. Le maraîchage, en permettant de développer un lien à la terre, est une bonne solution pour permettre à chacun de travailler sur ses propres problèmes ». En outre, les salariés qui manquaient de qualification obtiennent l’opportunité d’acquérir un savoir-faire concret dans le secteur du maraîchage biologique, en plein développement dans les Savoie.

 

 

Les Triandines comptent 320 adhérents. Après avoir bénéficié de l’aide des pouvoirs publics pendant ses premières années, l’association doit aujourd’hui faire face à un retrait général des collectivités. De ce fait, n’étant pas autorisée à dépasser un seuil d’auto-financement d’un peu plus de 30%, elle connaît un déficit structurel, Pourtant, son utilité est acquise, car elle emploie une vingtaine de personnes pour 14 équivalents temps-pleins.

 

Les deux tiers des salariés des Triandines sont des hommes, dont un tiers est d’origine étrangère. La possibilité est offerte aux salariés de suivre des cours de français: « Nous avons depuis quelques mois un jeune Érythréen d’une vingtaine d’années qui a traversé la moitié de l’Afrique à pieds… Et la Méditerranée sur un bateau gonflable » raconte Sébastien. Pour ces guerriers de l’existence, les Triandines représentent l’opportunité de prendre un nouveau départ.

 

Dans la vie de Sébastien Berzegla, elles sont aussi un nouveau départ. Agro-économiste de formation, il a travaillé dans le développement agricole où il a acquis une conscience aigüe de l’importance des dynamiques sociales et économiques : c’est son premier poste au sein d’une organisme associatif.