6 mai 2017

Le projet

Par Michel Vignoud, Président d’Alpes Contrôles

 

 

Pour un chef d’entreprise, la pérennité de son entreprise devrait lui imposer de veiller à éviter les gaspillages, de prélever modérément dans les réserves qui ont été constituées au fil des années, de préserver son patrimoine et toutes les richesses, matérielles et humaines, qui concourent à assurer sa réussite.

 
Ce qui paraît une évidence pour les sociétés commerciales ne semble pas l’être pour la société au sens large et son environnement naturel.
Il semblerait que personne n’ait la charge de veiller à la préservation des ressources et richesses naturelles de nos territoires, à éviter leur dilapidation.
En témoigne, particulièrement en Haute-Savoie, la disparition des terrains agricoles, dont les plus productifs, situés dans les plaines alluviales sont occupés par des zones commerciales, industrielles, des autoroutes, voies rapides, voies de contournement, parkings…
Les terrains maraîchers qui ceinturaient nos villes ont pratiquement tous disparus et les produits maraîchers que nous consommons viennent d’autres régions de France ou d’autres pays, augmentant le trafic routier national et local, la pollution, et l’engorgement des réseaux routiers.

 
Pour construire le bâtiment qui abrite le siège social et l’agence d’Annecy d’Alpes Contrôles, nous n’avons pas voulu participer au gaspillage des terrains agricoles. En plus d’utiliser de façon multiple la surface dont nous disposions, avec la géothermie, une installation photovoltaïque, la récupération des eaux, nous avons redonné une vocation agricole à la partie que nous devions obligatoirement consacrer aux espaces verts.
Alors que ces espaces sont traditionnellement occupés par des pelouses dans lesquelles sont répandus pesticides et herbicides pour que l’herbe soit plus uniformément verte, nous avons réalisé un verger- potager mené selon les méthodes issues de l’agriculture biologique.

 
Au-delà de la bonne utilisation du terrain dont nous avons la chance de bénéficier, nous poursuivons d’autres objectifs. Les fruits et les légumes cultivés sont très diversifiés et nos salariés découvrent ainsi qu’il existe un choix plus large que celui que leur offre les supermarchés.
Un verger – potager apporte une diversité visuelle considérablement plus importante qu’une pelouse stérile et constitue un espace de détente apprécié de nos salariés.

 

 


Nous avons perdu notre relation ancestrale avec la nature et nous ignorons comment sont cultivés les aliments que nous mangeons ; l’exigence d’une belle apparence des fruits et légumes a remplacé celle du goût. Pour qu’ils soient goûteux, beaux et vierges de pesticides, il faut du travail, beaucoup de travail. L’importance du gaspillage des denrées alimentaires illustre combien ce travail n’est pas perçu par les consommateurs.
Au lieu de rejeter l’agriculture toujours plus loin des villes ou de l’exclure de nos territoires et de notre quotidien, nous pourrions au contraire l’inclure dans les zones d’activité ; ce serait particulièrement pertinent pour les terrains maraîchers qui doivent être situés au plus près des lieux de consommation.

 
Suivant cet exemple, des dizaines d’hectares pourraient être mis à disposition en Haute-Savoie par les entreprises, les collectivités ou les particuliers pour produire des fruits et légumes bio en circuits courts, augmenter l’indépendance alimentaire du territoire et réduire sa consommation d’énergie. Il s’inscrit de ce fait dans l’objectif de territoire à énergie positive Annecy – Parc des Bauges- Chambéry voulu par nos élus.

 
Et si cette initiative, comme celles, nombreuses, menées par les citoyens sur des friches urbaines annonçaient une autre forme d’urbanisme qui verrait l’agriculture vivrière biologique intégrée dans les activités de la cité? Où l’homme retrouverait sa place dans la nature qui le nourrit ?